Hier soir, j'ai revu avec grand plaisir le film
1984 (version de 1984 justement

), une fidèle adaptation du roman homonyme de George Orwell, à qui l'on doit également
La Ferme des Animaux.
Même si les événements décrits dans le livre / film n'ont jamais eu lieu, l'oeuvre reste un classique incontournable du roman d'anticipation.
Nous sommes en 1984, dans une société dystopique où s'est instauré un régime de type totalitaire fortement inspiré à la fois du stalinisme et de certains éléments du nazisme. Après une guerre nucléaire entre l'Est et l'Ouest, le monde est divisé en trois grands "blocs": l'Océanie (qui englobe grosso modo les continents américains et l'Anglettere, l'Eurasia (Europe et Russie) et l'Estasia (Chine, Inde, Mongolie, Tibet et Japon) qui sont en guerre perpétuelle les uns contre les autres.
Le protagoniste, Winston Smith, vit dans ce qui pourrait être les restants de Londres. On découvre que la société océanienne est divisée en trois parties: Le Parti intérieur, le Parti extérieur et les Prolétaires.
Grâce à un ingénieux système, toutes les pensées sont minutieusement surveillées, et d'immenses affiches trônent dans les rues, indiquant à tous que "Big Brother vous regarde" (Big Brother is watching you).
Ce même protagoniste tient secrètement un journal et commence à fréquenter une jeune femme, deux crimes au yeux de l'Etat. Je m'arrête là car je ne veux pas dévoiler la fin...
Pour moi,
1984 est une oeuvre doublement intéressante:
1° les dérives et les absurdités du régime totalitaire sont décrites avec minutie (l'Histoire a malheureusement rattrapé la fiction)
2° en tant que linguiste, je me sens concerné par le concept de novlangue, langue unique progressivement imposé par l'Etat et qui consiste à supprimer toutes les nuances d'une langue. Il s'agit d'une gigantesque simplification lexicale et syntaxique de la langue destinée à rendre impossible l'expression d'idées subversives. Ou: comment dominer la pensée en simplifiant la langue...